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Palmares du 33ième festival du cinéma américain de Deauville

du 31 aout au 9 septembre 2007



09 - 09
2007
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Le jury du palmarès avec les deux lauréates Gina Kim (robe courte noire) et Karen Moncrieff (jean et veste sombre), Marie-France Pisier (en rouge), Anouk Grinberg (robe longue noire)


Comme on l'avait intuité, c'est le dernier film en compétition présenté samedi matin "The Dead girl" de Karen Moncrieff, un quintuple récit choc sur le deuil autour de l'assassinat d'une jeune fille par un serial killer pédophile qui remporte le Grand Prix et le mérite largement (voir mon billet de samedi...). Le prix du jury échoie à "Never forever" (voir mon billet de jeudi... ) de Gina Kim, un film ambitieux avec un style très personnel, traitant de sujets vastes et universels comme la maternité, l'immigration aux USA et le désir féminin, ayant visiblement touché le public mais un peu trop lacrymal à mon goût. Quant au film qu'avait sans aucun doute préféré entre tous le public, "Grace is gone", mettant en scène un père ne sachant comment annoncer à ses deux filles la mort de leur mère sur le front en Irak, il obtient le prix de la critique internationale. De la guerre en Irak, il a été également question avec le sobre et émouvant dernier film de Paul Haggis "In the valley of Elah" (voir mon billet de mardi...) et le docu-fiction "Redacted" de Brian de Palma (voir mon billet de vendredi... ) qui vient d'obtenir le Lion d'argent à la Mostra de Venise.

Pas de comédie au palmarès cette année comme "Little Miss sunshine" l'année dernière qui avait raflé la Grand prix haut la main malgré la présence cette année de films comme "For your consideration" ou "Ira and Abby". Deux comédies hors compétition ont néanmoins clôturé le festival samedi : le désopilant "Death at a funeral" ("Joyeuses funérailles"), un véritable anti-dépresseur à consommer sans modération, et "The Heartbreak kid" ("Les Femmes de mes rêves"), le brillant dernier film des frères Farrelly (voir mon billet de samedi... ) présenté en avant-première mondiale.


Grand Prix
"The Dead girl" de Karen Moncrieff


Karen Moncrieff, la réalisatrice de "The dead girl", et son mari qui a financé le film, sur la gauche, André Téchiné, le président du jury


Prix du jury
"Never forever" de Gina Kim


Gina Kim, la réalisatrice de "Never forever", et son actrice principale Vera Farmiga, sur la gauche, André Téchiné


Prix du jury révelation
"Rocket science" de Jeffrey Blitz

Prix de la critique internationale Canal Plus
"Grace is gone" de James C. Strouse


arrivée sur le tapis rouge de Marie-France Pisier, membre du jury (photo Hugo Jr*), voir mon billet précédent sur l'actrice emblématique de la nouvelle vague

* Merci à Hugo Jr pour cette photo superbe de Marie-France Pisier et il y en a d'autres! Voir aussi les photos d'Hugo Jr de Deauville 2007 sur son blog... 



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la veille de la clôture : la dernière comédie des frères Farrelly + "The Dead girl" : le choc de la compétition! + "All the boys love Mandy Lane" (horreur)

samedi 8 septembre J9



07 - 09
2007
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Karen Moncrieff, la réalisatrice de "The Dead girl", dernier film en compétition après la conférence de presse ce matin

"The dead girl" de Karen Moncrieff

Choc de la compétition ce matin, le film sombre et douloureux de Karen Moncrieff, autrefois modestement actrice, selon ses dires, et déjà venue avec son précédent film au festival de Deauville.

Pitch. Cinq histoires de femmes qui vont se rejoindre pour résoudre l'énigme de la jeune fille disparue, "The dead girl", sans doute celle trouvée dans un terrain vague au début du film, violée et assassinée par un maniaque sexuel... L'étrangère, la soeur, l'épouse, la mère et la jeune morte, cinq récits de victimes de l'existence présentées à un moment de leur vie où elles ont le choix de tenter de s'en sortir ou pas.

Un film abouti tant le scénario que les images dont la réalisatrice a confié qu'elle avait été influencée par la manière de filmer des réalisatrices européennes comme Agnès Varda. Film dur qui ne mâche pas des plans, violence exaacerbée du quotidien et peut-être une lueur au bout du chemin... Un possible Grand Prix demain??? Il le mérite...

 


l'équipe du film "The Heartbreak kid" ("Les Femmes de ses rêves") : Peter et Bobby Farrelly, Malin Akerman, le producteur du film et Michelle Monaghan



Michelle Monaghan



Michelle Monaghan

Dernière soirée d'avant-première au CID ce soir avec, en avant-première mondiale, la dernière comédie (sex comedy, comme ils l'ont définie en conférence de presse) des frères Farrelly : "The Heartbreak kid" ("Les Femmes de ses rêves"). Deux ravissantes poupées, la brune Michelle Monaghan et la blonde Malin Akerman, actrices du film, toutes deux vêtues de petites robes noires, accompagnent aujourd'hui les deux frères pour présenter le film, Ben Stiller, le héros, lui, est absent.



la conférence de presse


Un homme rencontre la femme de ses rêves, il l'épouse, celle-ci en profite pour redevenir elle-même après leur mariage, une mégère... Mais il en rencontre une autre tout aussi belle...

Le propos des frères Farrelly en conférence de presse tient en une maxime : la trangression à tout prix, dépasser les limites, aller toujours plus loin et encourager les acteurs à prendre le risque d'être ridicules, à se dépasser... Les deux frères, dont Peter le plus extraverti des deux, sont demeurés de grands enfants, c'est ainsi qu'ils se présentent, ils veulent faire rire, retrouver les films qui les faisaient rire enfants, ils imaginent d'abord en amont les gags entre eux dans une chambre ou une voiture, il y a surenchère, on peut toujours aller plus loin que très loin, etc...

Tant qu'à être censuré, pourquoi ne pas faire franchement une "sex comedy", c'est ce qu'ils ont fait avec "Les Femmes de ses rêves" : un remake d'un film ancien où ils trouvaient qu'un homme qui abandonne une femme peu séduisante pour une très belle, ce n'était pas assez, chez eux, le héros/Ben Stiller va abandonner une femme superbe pour une femme non moins superbe...

Les frères Farrelly font des comédies avec des personnages qui ont un coeur, auxquels ils donnent le temps de s'attacher, ce qui expliquent que leurs films durent 20 mn de plus que les comédies américaines en général.

A ce soir...

"The Heartbreak kid" ("Les Femmes de ses rêves") de Peter et Bobby Farrelly


sortie le 28 novembre


Edie, célibataire invétéré, s'en va fêter le jour de la Saint Valentin le mariage de son ex-fiancée que 5 ans avec elle ne l'avaient pas décidé à épouser... Son père, aussi bon vivant et trivial que son fils est sérieux, le pousse à se marrier avec une ravissante jeune femme blonde, Lila, qu'il vient de rencontrer dans la rue où elle se faisait voler son sac. Conscient d'avoir rencontré la femme idéale, bardée de qualités, Edie franchit le pas. En voyage de noces au Mexique, la nouvelle épousée se laisse aller à être naturelle, c'est à dire hystérique, coléreuse et peu raffinée... Dans l'hôtel resort où ils sont descendus, Edie tombe alors amoureux de Melinda, une jeune femme brune tout aussi jolie que sa femme mais naturelle et pleine d'entrain. Mais Edie ne va pas pouvoir mener longtemps de front sa lune de miel et son nouveau coup de foudre...

N'étant pas une inconditionnelle de ce genre de film comme "Mary à tout prix" que j'avais apprécié modérément, j'étais un peu réticente à aller voir ce film... Ce film est extrêmement drôle, la salle était hilare, les deux réalisateurs venus présenter le film au CID sont restés pendant la projection et ont dû en profiter : c'était l'avant-première mondiale du film et ils ont déclaré être ravis de démarrer avec un public français féru de comédies (et moins politiquement correct que les américains).

Ben Stiller fait de plus en plus penser à Louis de Funès, par exemple, quand il imite les quatre musiciens mexicains qui le poursuivent d'aubades qu'il ne supporte plus... Le cheveu grisonnant, il s'est un peu assagi mais ce rôle d'un célibataire déjà mature lui donne tout de même l'occasion de largement s'épanouir. Quelques scènes peuvent devenir cultes comme celle où Edie se fait piquer par une méduse, ce n'est pas la plus fine mais elle frappe fort.

Un rythme d'enfer pour cette comédie avec une BO intégrant des chansons de David Bowie, des successions de comiques de situation tricotant un scénario qui sait où il va, la dernière scène est savoureuse. Le père de Ben Stiller est interprété par son vrai père, un must, Michelle Monaghan est Melinda (avec une voix grave qu'on ne lui a pas entendue en conférence de presse) et on note l'apparition d'Eva Longoria dans un petit rôle. Un succès assuré en perspective.

2ième avant-première de la soirée au CID :

"All the boys love Mandy Lane" de Jonathan Levine


Un hybride entre un film d'horreur pour ados genre "Souviens-toi l'été dernier" et un film ciné indépendant tourné en numérique avec au final un ton, un style, une ambiance malgré un scénario assez bâclé.

Tous les hommes aiment Mandy Lane, la plus jolie fille du collège et surtout la plus pure. Virginale et réservée, Mandy Lane intrigue et suscite le désir. Elevée par sa tante après la mort de ses parents, Mandy Lane ne présente aucune aspérité, elle obéit docilement en famille et se dépasse en sport au collège. Invitée par un bellâtre à une party dans la villa de ses parents, elle y débarque avec Emmet, son meilleur ami. Mais la soirée tourne au drame, Emmet essaye de la soustraire aux avances du propriétaire et le défie ensuite perversement se plonger dans la piscine depuis le toit de la villa, le grand blond se fracasse dans l'eau, mort sur le coup. Après ça, Mandy Lane, fâchée avec Emmet, le met à l'écart et accepte de se faire de nouveaux amis.

Invitée à passer le WE dans le ranch isolé d'un copain de lycée avec son groupe de bimbos délurées et de faux durs, Mandy Lane accepte l'invitation. Alors que le groupe ne pense que plaisir et défonce, Mandy Lane reste sobre, repoussant les avances, mais pourquoi est-elle venue, lui demande un des lycéens éconduits... Au fur et à mesure de la nuit dans le ranch, les protagonistes disparaissent un à un...

L'actrice qui joue Mandy Lane a la pureté des traits et surtout le regard d'ingénue de Catherine Deneuve jeune à qui elle ressemble, son rôle n'est pas facile, elle ne minaude jamais, étrangère partout, insaisissable, elle est parfaite... Un film nouvelle génération numérique, qui, malgré une ambiance un peu glauque et sanguinolente comme le veut le genre et des situations convenues, a un aspect fauché sympa, tourné à la hâte, une recherche de style, un certain charme.



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Gena Rowlands et sa fille Zoé Cassavetes à Deauville, hommage à Sidney Lumet + Brian de Palma pour "Redacted"

vendredi 7 septembre J8



06 - 09
2007
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Gena Rowlands à la conférence de presse de "Broken english", le film de sa fille Zoé Cassavetes en compétition ce matin...


Zoé Cassavetes, Gena Rowlands et Melvil Poupaud à la conférence de presse de "Broken en glish" (compétition)



Eva Mendes à la conférence de presse de "Live!" (compétition) de Bill Guttentag cet après-midi


Brian de Palma à la conférence de presse de "Redacted", son docu-fiction tourné en HD sur la guerre en Irak (avant-première)

"Redacted" de Brian de Palma





Il avait tourné la même histoire pendant la guerre du Vietnam avec "Casualties of war" ("Outrages", lire la critique du film...), il a retrouvé aujourd'hui sur internet des documents, des blogs de soldats, des vidéos, qui racontaient le viol collectif d'une jeune fille de 15 ans par un groupe de soldats pendant la guerre en Irak, la même histoire... Il en a fait un film choc "Redacted" dans un genre très différent : un docu-fiction tourné en HD où tout est vrai mais tout est réécrit pour des raisons de droits d'auteur, tout est joué par des acteurs inconnus pour conserver le genre documentaire, c'est ce qu'il a dit en conférence de presse. Un film dur, presque insoutenable, à quelques mois de la fin de la présidence Bush...




la soirée, hommage à Sydney Lumet


Ce soir au CID, hommage à Sidney Lumet en présence de Serge Toubiana, directeur de la cinémathèque et d'Olivier Marchal, suivi de la projection en avant-première de son dernier film "Before the devil knows you're dead" ("7h58 ce samedi-là"). La suite plus tard... Cette avant-première aura lieu également demain soir samedi à la cinémathèque française (soirée réservée au abonnés).


sortie le 26 septembre

Pitch : Pris à la gorge par des problèmes d'argent, deux frères organisent le casse de la bijouterie de leurs parents à l'iniative de l'aîné, Andy, qui persuade Hank, le cadet, que tout se passera sans violence. Malheureusement, c'est leur mère à la retraite qui remplace ce samedi matin-là l'employée de la bijouterie... Un Sidney Lumet mineur trempant dans une ambiance plutôt malsaine avec une mise en scène répétitive du même effet tout le long du film et un découpage redondant par personnages et tranches de vie. Un film qui brille par une seule lumière : l'interprétation de haute volée de Philip Seymour-Hoffman qui ne trouve pas ici de partenaires à sa mesure.

 




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"Factory girl" et "Never forever " : (compétition) + "Chambre 1408" = soirée fantastique

jeudi 6 septembre J7



06 - 09
2007
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Depuis hier matin, dans un Deauville gris attendant vainement un complément d'été, quatre films en compétition, j'en ai vu trois et ce soir en avant-première, on passait un film d'horreur avec évènements paranormaux dans une chambre d'hôtel, la "Chambre 1408", va-t-on pouvoir dormir ensuite... Vers 17h30, coincé en fin d'après-midi entre la compétition et la remise d'un prix littéraire, "Fay Grim", le nouveau film d'Hal Hartley, auteur des années 80 qui a un look inchangé... années 80, très daté... Un Deauville calme après les festivités du WE dernier en attendant le suivant avec l'hommage à Sidney Lumet demain soir et le retour des people parisiens...


"Factory girl"
de George Hickenlooper


La biographie romancée d'Edie Segwick, égérie météore d'Andy Warhol qui la considérait un peu comme son double. Chronique de la faune qui squattait la factory de Warhol. Avec Sienna Miller.

Je reviendrai longuement sur ce film avec la critique bientôt sur le blog...


"Grace is gone" de James C. Strouse



Encore un film sur l'Irak dans la sélection (après "In The Valley of Elah" de Paul Haggis et avant "Redacted" de Brian de Palma) : un père de famille ne sait pas comment annoncer à ses deux filles que leur mère, engagée en Irak, vient de mourir sur le front. Avec John Cusak.


" Never forever" de Gina Kim


Sophie, l'épouse américaine parfaite d'un riche homme d'affaires coréen, toute en boucles blondes et chemisiers pastels sages à cravates, va payer un immigré clandestin coréen qu'elle rencontre en cachette pour satisfaire le désir d'enfant de son mari, Andrew Lee, qui est stérile et n'en sait rien. Mais Mr Kim, le jeune homme engagé à $300 la séance pour la seule procréation, souffre d'être considéré comme une banque de sperme par l'épouse sacrificielle et va modifier les règles du jeu. Mise en demeure par cet inconnu de reconnaître ses désirs propres au lieu d'agir uniquement pour faire plaisir à son mari, l'épouse coincée va se laisser aller au plaisir et à une forme de relation amoureuse qu'elle ignorait. Beaucoup de thèmes sont abordés : la stérilité, le désir et l'épanouissement féminin, l'immigration clandestine aux USA, etc...

Un film physique ultra-démonstratif et lacrymal avec un bon moment vers les deux tiers du film quand Sophie Lee se prend à aimer Mr Kim, une jolie histoire d'amour partielle qui ne dure pas...

"Chambre 1408" de Michael Hafström


sortie en salles janvier 2008


Pour illustrer la soirée de remise littéraire du prix Lucien Barrière à Jay Mac Inerney par le jury présidé par un facétieux Frédéric Beigbeider, le film projeté ensuite est l'adaptation d'un livre de littérature fantastique de Stephen King.

Pitch : un journaliste sceptique, spécialisé dans les enquêtes et les ouvrages sur les lieux hantés, va occuper pendant une nuit mouvementée la chambre 1408 à l'hôtel Dolphin à New York, vieux palace défraîchi, contre l'avis de la direction de l'hôtel qui avait décidé de fermer la chambre à la vente. Car dans la chambre 1408 au 13ième étage rebaptisé 14ième, on compte depuis l'ouverture de l'hôtel 57 morts dont la plupart sont des suicides par défenestration. Mais n'a-t-on pas tous une chambre 1408 dans la tête prête à s'effondrer qui vous fait basculer dans un cauchemar parano quand on perd le contrôle des objets menaçants comme un téléphone qui sonne, une radio qui s'allume, un robinet qui fuit, un thermostat qui se dérègle, une porte qui se coince? Surtout avec les fantômes de tous les suicidés de l'hôtel défilant dans la chambre... Paradoxalement, ce sera pour le journaliste, victime de ces phénomènes paranormaux qui manquent de le tuer, l' occasion de faire l'impossible travail de deuil qui l'a séparé de sa femme après la mort de leur fille...


Avec Samuel L Jackson et John Cusak dont c'est le second film présenté à Deauville après "Grace is gone".

+ "Fay Grim" de Hal Hartley


 

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Arrivée de Ben Affleck à Deauville et conférence de presse des deux frères pour le film "Gone, Baby, gone"

mercredi 5 septembre 2007, J6



04 - 09
2007
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Ben Affleck se détend (enfin...) un peu après la conférence de presse



Les deux frères Affleck, l'un joue et l'autre tourne...



Ben Affleck ne sourit-il jamais?



Casey Affleck, dirigé par son frère dans "Gone, baby, gone", est plus sérieux que lors de la conférence de presse de "Jesse James" avec Brad Pitt



Casey Affleck à son arrivée à la conférence de presse

la conférence de presse et l'avant-première mondiale du film le mercredi soir


Comment cet homme qui ne sourit jamais est-il le meilleur ami du délicieux Matt Damon dont le naturel et la joie de vivre a conquis les Deauvillais et la presse? De toute la conférence de presse, on ne sera jamais parvenu à le faire sourire, encore moins rire... Ben Affleck ressemble à un séminariste qu'on a sorti de sa retraite pour un contre-emploi de star, presque star... Parce que, contrairement au trio de choc, Matt Damon, George Clooney et Brad Pitt, qui a focalisé l'attention du festival pendant trois jours, Ben Affleck, lui, a failli en être, de ces icônes dont la seule présence, pour ne pas dire apparition..., provoque des frissons, des émois, des bonheurs... Mais il resté sur le seuil de la célébrité irrationnelle, inconditionnelle... Depuis quelques années, il tourne moins, malgré des succès comme "Armageddon" et il revient aujourd'hui avec une nouvelle casquette : celle de réalisteur pour présenter son premier film "Gone baby gone"...

Un film tiré d'un roman de Denis Lehane que Clint Eastwood a adapté magnifiquement avec "Mystic river" ; c'est d'ailleurs l'objet d'une question, s'est-il inspiré de son illustre aîné et de "Mystic river"? Ben Affleck répond qu'on lui cite un géant et que, par dessus le marché, il y a Sean Penn au générique, le meilleur acteur du monde (ou au moins du Top5 mondial, sic!), il ne se positionne pas par rapport à un autre film, il ne serait alors qu'un commentateur... Il a donc fait son propre film... Note de l'auteur : on a beau être glacé par Ben Affleck et son regard métallique de tueur pendant la conférence de presse où on n'ose plus le regarder pour prendre des photos... il est lucide pour Sean Penn meilleur acteur du monde...


Le choix de son frère Casey Affleck comme acteur principal était-il son premier choix? Oui, à partir du moment où il rajeuni le personnage du détective privé du livre, car il le considère comme le meilleur acteur de sa génération (30 ans) et, comme il n'est pas aussi célèbre que d'autres, ça aura aussi l'avantage de surprendre le spectateur de voir Casey Affleck dans cet emploi. Casey Affleck qu'on avait vu rire pendant la conférence de presse de "Jesse James" avec Brad Pitt qui l'avait mis à l'aise, est redevenu aussi sérieux que son frère, deux premiers de la classe en veste et regard sombres... Pourquoi ne pas avoir interprété ce rôle lui-même? Modeste, Ben Affleck dit qu'il ne se sentait pas à la hauteur de faire les deux à la fois, réaliser et jouer dans le film. On lui demande pourquoi avoir choisi Morgan Freeman pour un si petit rôle, il est d'accord, il laisse entendre qu'il l'aurait aimé davantage présent... mais "Morgan Freeman is Morgan Freeman" et point final, il se dit qu'au moins, il est là dans son premier film!


Une question d'une française voyant les USA de la France tombe : le détective abat le pédophile et tout le monde applaudit, c'est normal en Amérique d'abattre un pédophile? Casey Affleck intervient, son frère a voulu susciter plus de questions qu'il n'a voulu apporter de réponses avec ce film... Ben Affleck cite une phrase de Renoir dans "La Règle du jeu" qui a insérée dans le film "chacun a ses raisons". L'affaire de la petite fille anglaise enlevée au Portugal est mise sur le tapis, vont-ils sortir le film en Angleterre dans ces conditions? Disney, qui distribue le film, enquête en ce moment sur place pour mesurer l'impact de la sortie du film, si c'est négatif, Ben Affleck y renoncera***.


A la fin de la conférence de presse, Ben Affleck reste signer les autographes des journalistes, il se déride un tantinet... Le soir au CID pour l'avant-première, il avoue sur la scène qu'il est nerveux, c'est une avant-première mondiale, il va rester pendant la projection mais peut-être qu'il s'en ira si les réactions sont négatives, il est resté et a été applaudi par le public d'invités (nombreux, la salle est comble) après la projection du film. Ben Affleck ne s'attendait pas à cet accueil, à son arrivée à l'hôtel la veille en survêtement débarquant d'un vol de New York, il était vanné et surpris de cette belle réception pour lui, ce soir, 1500 personnes l'ont applaudi chaleureusement. Mais, pouvait-il en être autrement, il semblait tellement jouer son dernier atout avec ce film, en conférence de presse, quand on lui a demandé ses projets, il a dit en plaisantant lugubrement , oui, acteur, réalisateur, il verra, "I need to get a job!"


Malheureusement, le film "Gone baby gone" n'est pas une réussite de mon point de vue : il y a une recherche de style un peu forcenée, un parti pris de signer le film à tout prix et au final, c'est un film qui ne cesse de démarrer et de finir et de reprendre, une histoire taillée pour émouvoir et qui se révèle impuissante à susciter l'émotion. On repense au film de la veille "In the valley of Elah" qu'on a trouvé sur le moment peut-être un poil académique avec sa narration classique (comme on n'en voit plus, on a perdu l'habitude des narrations linéaires) et on se dit qu'on a eu tort, le film de Paul Haggis est justement un exercice d'épure, il va à l'essentiel, il gomme tous les artifices et il étreint le spectateur qui en sort bouleversé... Ben Affleck n'a sans doute pas la fibre d'un grand réalisateur, c'est un homme responsable avec une morale, il a dit en conférence de presse avoir choisi ce livre plutôt qu'un autre dans la série car il aime la fin, c'est tout à son honneur, et on verra pourquoi... Quant à Casey Affleck, le héros, c' est une bombe pas encore amorcée, on attend le réalisateur qui va le faire exploser (beaucoup mieux déjà dans "The Assassination of Jesse James"), à suivre...


*** aux dernières nouvelles, le film ne sortira pas en GB.

 




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"For your consideration" et "Teeth" (compétition) + "In the valley of Elah" de Paul Haggis

mardi 4 septembre 2007, J5



04 - 09
2007
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Après les journées stars du WE à pister George Clooney et Brad Pitt, je n'ai pu voir que deux films en compétition sur quatre depuis hier : "For your consideration" et "Teeth", le scandale programmé du festival... Une journée bien calme par rapport aux précédentes mais la nouveauté de cette année étant les films en avant-première (aussi) de 17h00 ou 17h30, ça laisse à peine le temps d'aller se changer pour la projection du soir... Au menu de la journée, lessivée le matin, je zappe la projection numéro 1 et j'y vais ensuite pour "Teeth" : salle comble pour une comédie gore ou un film d'horreur censé manier l'humour en faisant une démonstration de la femme castratrice passant à l'acte, d'aucuns en sortiront dégoûtés... Je croise d'ailleurs l'équipe d'Allociné (qui sont un peu mes confrères mon blog Allociné...) qui, voyant venir le coup, fait des interviews des réactions des spectateurs au sortir de la projection...

On a annulé "Redacted" le documentaire fiction sur la guerre en Irak de Brian de Palma, la projection est reportée à vendredi 13h15 pour la presse et 17h00 pour le public (séance bleue). Le film est remplacé par "The Offence" de Sidney Lumet (reprise en salle le 12 septembre) , annoncé comme inédit en France mais dont je me rends compte que je l'ai vu il y a peu sur les chaines câblées, un thriller psychologique années 70 pour le look mais très lent et hyperthéâtral avec Sean Connery dans un contre-emploi d'un flic maniaque sexuel, une curiosité...

"For your consideration" de Christopher Guest (compétition)

la suite plus tard...



Dans l'intervalle, la conférence de presse sur "Teeth", étonnement que le réalisateur insiste qu'il s'est bien amusé en tournant un film fun, ce n'est absolument pas ainsi que je l'ai vu et entendu...

"Teeth" de Mitchell Lichtenstein (compétition)


 

Pitch. Une jeune fille, militante de l'abstinence sexuelle, découvre qu'elle possède un "vagina dentata" (un vagin denté), ce qui va provoquer des castrations en série : le petit ami, le gynécologue, le muffle, le frère...

Tous les tabous sont dynamités dans cette comédie gore où on transgresse à tout va et au premier degré, de la mutilation à l'inceste mutilant... Nombreux et multiples plans des organes mutilés, les pénis et les doigts sanguinolants des victimes, dont celui du frère mangé par le chien... il paraît que c'est fun... Le thème tient en deux mots : la peur des femmes, soit la peur de la castration, que le réalisateur a décidé de mettre en scène au premier degré, bien qu'il ait inversé le processus : quand Dawn, la jeune fille, a peur des hommes ou de son désir à elle, la mutation de ses organes génitaux lui permet de les castrer mécaniquement avec son vagin tronçonneuse, leur renvoyant leur peur en miroir.... Aux images qui ont révulsé plus d'un spectateur, s'ajoutent les hurlements des victimes et de Dawn, ces passages étant précédés d'une musique parodique de film d'horreur, le tout créant en réalité une atmosphère glauque. Car on n'est pas loin du film d'horreur, du basculement soudain et périodique de la comédie à l'horreur un peu comme dans Carrie de De Palma dans un autre registre mais le film y fait quelquefois penser pour la mécanique. Fallait-il programmer ce film un après-midi quand il aurait mieux trouvé sa place tard le soir pour un public plus averti?

Pour finir une journée de films où on découpe les personnages... après les mutilations et mutations de "Teeth", les viols d'adolescentes du Sydney Lumet, est présenté en avant-première du soir le dernier film de Paul Haggis "In the Valley of Elah" où un jeune militaire de retour d'Irak est porté disparu et retrouvé coupé en morceaux...

"In the Valley of Elah"de Paul Haggis (avant-première)
sortie en salle le 31 octobre 2007 ou 7 novembre




Pitch : un père apprend que son fils, militaire en Irak, n'est pas rentré à la caserne bien que de retour aux USA. Hank, le père, lui-même militaire à la retraite, part à sa recherche mais la police ne tarde pas à découvrir le cadavre de son fils Mike atrocement démembré et calciné dans un terrain vague. L'enquête avortée par la police militaire est reprise par la volonté d'un inspecteur au féminin (Charlize Théron) qui va aider le père de Mike à trouver ses assassins.

Inspiré de faits réels et, comme l'a dit Paul Haggis en présentant le film au CID ce soir, partant de vidéos de jeunes militaires qu'il a trouvés sur internet et nulle part ailleurs dans la presse nationale, et pour cause... le film raconte la réalité du front en Irak et les conséquences de cette guerre sale sur les jeune recrues américaines qu'on a envoyé au casse-pipe. Traité un peu comme un polar à mi-film, on cherche le coupable, celui ou ceux qui ont tué Mike dans le fait divers, tout en désignant le coupable en amont : l'administration Bush.


C'est un film limpide et épuré sur une situation infernale, la narration est linéaire, classique, les images académiques, nettes et belles, avec l'insertion de vrais faux documents internet ponctuant le film, l'interprétation impeccable : Tommy Lee Jones est poignant dans le rôle de ce père rigide anti-démonstratif qui peut à peine contenir son désespoir, Charlize Théron a la beauté discrète et le jeu subtil, un casting complété par Susan Sarandon (la mère) qu'on voit assez peu. Car c'est un film macho avec un seul élément féminin réellement présent à l'écran, mal intégré dans la police, surnuméraire et dérangeante, une note d'humanité courageuse dans un monde de brutes bornées.

Le film a tous les atouts pour remporter un prix, qualité et empathie avec le public, voire un Oscar, "Collision", le précédent film de Paul Haggis avait reçu le grand prix de Deauville il y a deux ans et l'Oscar dans la foulée, un doublé en 2007?







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Brad Pitt à Deauville pour "The Assassination of Jesse James by the coward Robert Ford" : le point d'orgue du crescendo de stars

lundi 3 septembre J4



03 - 09
2007
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Brad Pitt à la conférence de presse de "The Assassination of Jesse James..." lundi 3 septembre en fin d'après-midi


Brad Pitt et Andrew Dominik le réalisateur


Casey Afleck à la conférence de presse


L'équipe du film sur la scène du CID à 20h30 : de g à d : Brad Pitt, Casey Afleck, Andrew Dominik et les deux productrices du film

On pensait être arrivé au maximum avec George Clooney la veille, on avait tout faux, l'arrivée de Brad Pitt a suscité encore plus d'agitation et de déploiement de forces de sécurité... Des dizaines de CRS ont été de la partie à l'hôtel, puis, sur les lieux de la conférence de presse. Vers trois heures de l'après-midi, on se regroupe, le personnel, les clients de l'hôtels, les visiteurs habitués des lieux et on attend... Dispersion, l'avion a du retard. Trois quart d'heures plus tard, on remet ça et rien... Il est passé mais personne n'a rien vu, les ascenseurs bloqués depuis des lustres sont ouverts et vides... Il aurait pris l'ascenseur de service dans un couloir latéral, sévère déception du public... Sur les lieux de la conférence de presse, la nervosité est à son comble, dans la salle, la sécurité en fait des tonnes, compte et recompte les places, demande de s'asseoir dans l'ordre des chaises vacantes, etc... pendant 10 mn, ça barde dehors, foule et flics, et nous sommes enfermés dans cette sorte d'aquarium aux parois en plastique transparent posé presque sur les Planches à sentir un souffle de claustrophobie flotter dans l'air confiné... Ca s'arrange, il arrive, comme pour Clooney, on nous dit de ne pas poser de questions qu'au seul Brad Pitt... Casquette beige, t.shirt et veste beige, jean noir, on verra le soir que dessous, il a de drôles de cheveux avec des épis décolorés, sans doute un nouveau rôle... Je m'attendais à une mécanique bien huilée après la désertion à l'hôtel, il n'en est rien, Brad Pitt est un gentil, ça se voit dans ses yeux, contrairement à Clooney ou Matt Damon qui ont tendance à baisser les yeux, lui, il regarde droit devant lui, il regarde les gens, il rit, il met les autres en valeur, Casey Afleck, son partenaire dans le film, Andrew Dominik, le réalisateur. A la fin de la conférence de presse, il reste beaucoup plus longtemps que les autres pour signer les programmes des journalistes, il se donne du mal... Retour à l'hôtel Royal, cette fois-ci, il prendra l'ascenseur, l'affront est lavé!!!

la conférence de presse

Brad Pitt le dit d'entrée, ce film, c'est beaucoup de psychologie, une histoire complexe, il s'agit de la fin de la vie de Jesse James, une histoire fleuve dont la version initiale durait 4h30... Ici, elle ne dure que 2h35...


On demande à Brad Pitt si il y a des correspondances entre le personnage de Jesse James, première célébrité américaine au monde et lui-même, il acquiesce, dans une certaine mesure, oui, être pourchassé même si ce n'est pas pour les mêmes raisons, tout le problème de la célébrité en général...


Soit dit en passant, trois jours à Deauville avec cette succession de stars mondiales m'ont fait revoir ma copie sur les caprices de stars qui ne signent ou pas les autographes, c'est plus compliqué... Au niveau de notoriété d'un George Clooney ou d'un Brad Pitt, on est sorti depuis longtemps du rationnel, la foule attend d'eux tout et rien, les voir, les toucher, ou plutôt qu'ils "apparaissent", comme une vision, un miracle, on est dans une sorte de mystique païenne, les nouveaux dieux dans une société individualiste en quête d'une spiritualité de rechange, vaste débat, je ferme la parenthèse...


Brad Pitt a fondé sa société de production Plan B pour financer des projets de ce genre, mettre sa célébrité au service de projets qu'on n'aurait pas financés sans son nom au générique et, en tant que producteur du film, se rémunérer modestement ou pas (exactement comme Clooney pour "Michael Clayton" la veille). B comme Brad? Oui, il a manqué d'imagination car il confie ne pas être imbu de lui-même...


Jesse James, d'après Brad Pitt, est un personnage qui s'est perdu lui-même, le film traite de la fin de sa vie, il a pas mal de problèmes de santé, quand on lit sa correspondance, on se rend compte que l'homme était raffiné dans le choix des mots, presque cultivé (on le voit d'ailleurs avec femme et enfants dans le film, menant une vie apparemment bourgeoise).


A la question avisée d'un journaliste demandant au réalisateur si en référence à "L'Homme qui tua Liberty Valance", où Ford choisit le mythe au profit du réel, il s'en est inspiré pour faire le contraire, Andrew Dominik répond qu'il n'a pas vu le film! Mais Brad Pitt a vu le film et aime la question, il est d'accord... "The Assassination of Jesse James...", c'est la dissection du mythe Jesse James dans la dernière année de sa vie, dont on a fait plus tard, à tort, un personnage à la Robin des bois (on verra dans le film un homme cruel, caractériel, voire psychopathe).

Le film s'inspire d'un roman et de documents d'époque, le seul doute est sur le lieu où Jesse James est tué dans sa maison : la chambre ou la salle à manger... Pour la forme, le réalisateur s'est également inspiré des photos de l'époque avec les bords délavés, ce qui explique les flous sur les flancs de l'image (dans les scènes de plein air, par exemple). Casey Afleck est parti d'une seule photo d'époque pour composer son personnage du "lâche Robert Ford", pour le reste, il a du faire confiance au réalisateur... Brad Pitt qui a l'air d'avoir pris sous son aile le jeune Casey Afleck se moque gentiment de lui en disant que c'est un acteur de "La Méthode" (Actor' studio) du genre à ne pas se laver de tout le tournage pour être dans la peau du personnage... En fait, Casey Afleck a l'air d'un homme compliqué, un peu "prise de tête" comme les génies de l'interprétation le sont souvent... il se creuse la tête avant de répondre à une question et au final ne répond rien ou pas grand chose, sur scène le soir lors de la présentation du film au CID, il fera pareil, il dira merci, c'est tout...


Quels projets pour Plan B? de belles histoires, de beaux raconteurs d'histoires, écrivains, scénaristes, quand on demande à Brad Pitt si il pense que le film va marcher, il répond que l'important, c'est de faire des films de qualité, que le film trouvera ensuite son public, même plus tard, lui-même a découvert des films après 20 ans... Un type bien ce Brad Pitt, je dois dire que je ne m'y attendais pas vraiment, Brad Pitt, c'est le syndrome Deneuve, le visage des anges, trop de beauté parfaite qui vampirise l'homme, on ne prend plus la peine de l'écouter, on le regarde, on devient plus stupide que nature à se pâmer... Mais possible qu'il pense et agisse aussi et il a du mérite dans cette ambiance...

Avant-première de "The Assassination of Jesse James by the coward Robert Ford"...

Sur le tapis rouge du CID aux environs de 20h30, le couple le plus glamour du monde et leur réputation n'est pas usurpée, Angelina Jolie sublime en simple jupe noire et petit top en satin noir, cheveux satinés lâchés sur les épaules et un sourire à tomber aux fans derrière les barrières quand elle s'approche d'eux pour signer des autographes, on sent qu'elle y tient (elle est gauchère, info..) Il la tient par la taille, abandonnant sa casquette et son jean, Brad Pitt porte un costume trois pièces gris avec chemise blanche ouverte (Matt Damon en beige, George Clooney en noir, Brad Pitt en gris, les trois sans cravate et Clooney le décolleté à la BHL... le défilé de mode se poursuit...). Quand Brad Pitt monte sur scène, il prend le micro et dit en français "bonjour", délire... Puis "ça va?" d'un air de gamin malicieux, c'en est trop... Finalement, il s'extasiera sur le confort des fauteuils de la salle du CID, l'administration doit avoir du mal à s'en remettre ce matin...




le film


Comment est le film? On va l'adorer ou le détester, à mon avis... Western psychologique et contemplatif, c'est l'histoire d'une relation complexe et ambiguë entre deux hommes, une relation de dominant/dominé presque amoureuse, l'affrontement western est là mais quel chemin parcouru depuis John Wayne...

Le "lâche Robert Ford" est présent depuis le début du film après un monologue en voix off sur la figure de Jesse James (le générique n'existe qu'à la fin du film). Les frères James, Frank (Sam Shepard, top acteur) et Jesse (Brad Pitt) préparent l'attaque d'un train la nuit, ayant perdu la plupart de leur coéquipiers, ils ont engagé des types trop jeunes pas aguerris qui vont les conduire à leur perte dans une certaine mesure... Dans la forêt, la bande campe et surveille l'arrivée du train quand Bob Ford tente de vendre son courage et ses talents à Franck James, le frère aîné, qui le rabroue, il n'a pas le profil... Tout est dit...

L'attaque du train est un grand moment dans le film : préoccupé de réalité, le réalisateur casse tout de suite les codes du western classique, bien qu'il cède à la tentation de filmer la silhouette de Jesse James, le cow-boy, en ombre chinoise : et encore sa botte sur les rails, son oreille collée sontre ce rail dont tout le monde sait que ça apprend que le train va arriver... le gravillons sur la voie tressautent, le train approche, la lumière de la locomotive jaillissant dans le noir... On va voir ce qu'on ne voit jamais dans les westerns : l'incursion de la bande de Jesse James à l'intérieur du train, le wagon privé avec le coffre-fort et les wagons populaires avec les gens tassés, les enfants couchés dans les filets à bagages. Une violence non aseptisée, les frères James ont un foulard sur le bas du visage, les autres un masque de fortune en drap blanc, fantômes fantoches, faux gangsters fauchés sans rigueur basculant dans la violence gratuite, l'opération tourne mal et Jesse James n'est pas de reste : première démonstration des vagues de cruauté de l'homme, submergé par des mauvaises pulsions, il maltraite l'employé du coffre-fort, plus tard, il coupe la tête des serpents qu'il élève...


Le film est long, on va me dire et le redire mais il se passe un phénomène inverse à la plupart des films où l’attention se relâche au fur et à mesure du récit, ici, passé l’heure et demi où on a du mal à entrer (surtout le milieu du film), la dernière heure est captivante et émouvante (avec quelques restrictions pour l’extrême dernière partie du film après la mort de Jesse James). Dans la scène de l’assassinat de Jesse James, tout est mis en scène pour que spectateur comprenne que Jesse demande à Bob Ford de le tuer (propos de Jesse James auparavant qui, perclus de maladies, dit que du ciel on ne regrettera pas son corps sur terre, etc…) Il se désarme pour aller essuyer la poussière d’un tableau… Misfit alors entre les deux hommes, obnubilé par la peur d’être démasqué comme un traître, Bob Ford va lui tirer dans le dos pour bien d’autres raisons que de répondre à l’appel de Jesse… La scène clé est au milieu du film, Jesse James dit à Bob Ford « je n’arrive pas à te cerner, tu veux être comme moi ou tu veux être moi ? » N’ayant réussi à n’être ni l’un ni l’autre, Bob Ford s’illusionne qu’il va être le tombeur de Jesse James, le justicier célébré dans toute l’Amérique pour avoir débarrassé le pays de cette vermine… Il n’en sera rien, on fera de Jesse James un mythe et Robert Ford sera détesté avant d’être complètement oublié…








 



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Conférence de presse de George Clooney pour "Michael Clayton"

dimanche 2 septembre J3



01 - 09
2007
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George Clooney et Tilda Swinton à leur arrivée à la conférence de presse de "Michael Clayton" dimanche après-midi (photo Vierasouto)


George Clooney et Tony Gillroy pendant la conférence de presse (en haut et en bas, photos Vierasouto)






Tilda Swinton et les producteurs du film (photo Vierasouto)


George Clooney signe des autographes aux journalistes à la fin de la conférence de presse

On aura réussi le tour de force que George Clooney à Deauville n'aura rencontré aucun public... Accueilli à son arrivée hier samedi à l'hôtel Royal par une foule d'employés et de clients tassés près des ascenseurs qu'on avait bloqué depuis plus d'une demi-heure... (un pauvre client, inconscient de l'événement, en peignoir de bain et mules en éponge, revenant de la piscine a été prié, de remonter à pied par l'escalier!), la star a filé dans sa suite. Aujourd'hui, le parcours a été balisé de manière à ce que le Dr Ross ne soit jamais dérangé : après la conférence de presse, où les journalistes avaient eu le plus grand mal à entrer dans la salle dans la bousculade, comptés ensuite par la sécurité par groupes de 10, on l'a fait filer par une sortie derrière, alors que la foule l'attendait devant depuis des heures... Quand Matt Damon la veille avait fendu la foule par la porte frontale et signé des autographes... Le même Matt Damon avait passé chaque soir une heure au bar de l'hôtel Royal parmi les clients alors qu'aujourd'hui, à l'heure de l'apéritif, on a fait fermer tout le bar pour George Clooney et ses amis... Même les clients de l'hôtel n'ont pu que l'apercevoir passer s'engouffrer dans une voiture pour aller à l'avant-première au CID. Plus tôt dans l'après-midi, avait été organisée une cérémonie avec invités triés sur le volet par l'actuelle ministre de la culture. Enfin, pour l'avant-première au CID de "Michael Clayton", le point info du village US faisait relâche et ne distribuait aucune place au public (détenteurs de Pass payants) entre 16 et 20h comme les jours précédents et espérons les suivants, les 1500 spectateurs l'étaient sur invitations, aucune dérogation... Ayant pu, pour ma part, assister à la conférence de presse, je vous livre ici le résumé de la séance et, pour le film "Michael Clayton", n'ayant pas obtenu d'invitation au CID, j'ai pu néanmoins le voir en différé au cinéma du Casino ce soir : un thriller politique anti-démonstratif et anti-spectaculaire, un peu indigeste... Pas sûr que les invités se soient tellement amusés ce soir pendant la projection, passée la joie de voir Clooney en costume noir sur chemise noire, la barbe de naufragé poivre et sel, le regard de braise du séducteur patenté, très latin lover...


conférence de presse


On prévient l'assitance qu'il faut poser aussi des questions aux autres participants et pas qu'à George Clooney...

Première question : puisque le réalisateur Tony Gillroy est également au générique du si haletant "The Bourne ultimatum", pourquoi ne pas avoir injecté un peu plus de rythme à "Michael Clayton"? réponse : le film a le ryhtme qu'il faut!


George Clooney tel qu'on a pu le voir en conférence de presse est un personnage double : séducteur indolent sirotant une flute de champagne rosé, il répond aux questions qui l'ennuient par la dérision ou une plaisanterie. Quand on lui demande si ça va lui arriver souvent de jouer gratuitement comme dans ce film "Michael Clayton", il répond qu'il organise des conférences sur le Darfour et qu'il garde l'argent... De toute façon, il a suffisamment d'argent pour payer son loyer, il en gagne avec les "Ocean 11, 12, 13" (il ne parle pas de Nespresso...) Mais qu'on annonce la fin de la conférence de presse et que soudain une question l'intéresse parce politique, c'est le militant qui intervient sérieusement : oui, le cinéma peut changer le monde, pas un seul film mais un ensemble de films, il y croit, d'autant qu'aux USA, on peut montrer et dire au cinéma des choses impossibles pour la télévision ou la presse.

"Michael Clayton" est de la veine des films engagés des années 70, qui correspondaient à l'urgence de l'époque, avec notamment la guerre du Vietnam, bien qu'on asssiste aujourd'hui à la résurgence d'une urgence (différente) d'un cinéma engagé. Passionné d'engagement politique, George Clooney ne veut pourtant pas être un homme politique à part entière, préférant se situer sur le côté. Le personnage de Michael Clayton est à la fois moral et immoral, dit Clooney en insistant qu'il y a dix ans, il aurait représenté un méchant... Un personnage terrifié par l'enfer qui cherche la rédemption...


Sydney Pollack a participé à l'origine du projet qu'il se serait bien vu réaliser lui-même. On lui a confié le second rôle car pour tenir tête à Clooney, voire l'intimider, il fallait un acteur de cette trempe, dit le réalisateur Tony Gillroy. Le film a pu se monter sur le nom de George Clooney et si il a accepté d'être peu ou pas payé, c'est justement pour que des films de ce genre puissent se faire! Quand on lui demande pourquoi il ne tourne pas des films d'action, George Clooney répond qu'il est trop vieux...


Est-on vraiment séduit par l'hyperstar Clooney comme par Matt Damon la veille? Le personnage est plus complexe, à la fois play-boy plein d'assurance et homme socialisant à la recherche sans doute comme Michael Clayton d'une forme de rédemption par l'engagement politique intensif.


"Michael Clayton" de Tony Gillroy

Lire la suite plus tard...



 

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"The Bourne ultimatum ": conférence de presse et avant-première avec Matt Damon + "Shoot'em up"

samedi 1er septembre 2007 J2



01 - 09
2007
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Matt Damon à la conférence de presse de "The Bourne ultimatum" (photos Vierasouto)



Paul Greengrass et Matt Damon arrivant à la conférence de presse de "The Bourne ultimatum" (photo Vierasouto)

conférence de presse

Il est arrivé en jean et pull gris manches retroussées, trop beau... et sympa, joyeux, complice avec le réalisateur Paul Greengrass, un vrai bonheur que de voir et écouter Matt Damon en conférence de presse aujourd'hui samedi à 14h30. Ensuite, il a été porté par une foule compacte qui l'attendait à sa sortie, il ne rechigne pas à signer des autographes, au contraire, il va au devant des gens. Moi-même avoue avoir cédé à la tentation de lui en demander un ce soir... Par le plus grand des hasards, je l'ai croisé comme je rentrais tard de la seconde projection de la soirée au CID ("Shoot'em up" après "The Bourne ultimatum") et lui sortait d'une soirée en son honneur, d'après les infos, je l'ai donc accosté maladroitement pour lui demander une signature sur mon cahier de notes et il a accepté immédiatement "for sure!" et quand je rentre à Paris, je vous afficherai l'autographe en photo sur le blog...

Revenons à nos moutons... La conférence de presse de "The Bourne ultimatum" : on fait remarquer à Matt Damon que Julia Stiles attend à la fin du film et que cela voudrait sans doute dire qu'il y aura un quatrième épisode mais la réponse est qu'elle va sans doute attendre longtemps... Car les trois volets "The Bourne identity" ("La Mémoire dans la peau"), "The Bourne supremacy" ("La Mort dans la peau") et "The Bourne ultimatum" ("La Vengeance dans la peau") forment un tout concernant l'identité de Jason Bourne. Non seulement, Matt Damon n'a pas envie de tourner 25 films à la manière des James Bond mais il faudrait trouver un autre angle, dans dix ans peut-être... Le réalisateur Paul Greengrass parle lui de 5 ans d'attente...

Le premier volet a été tourné par Doug Liman qui avait injecté un style cinéma indépendant dans un blockbuster, c'est la démarche qu'a reprise Paul Greengrass, une manière de tourner au plus près du réel, comme caméra à l'épaule qui a finalement coûté très cher pour ressembler à du cinéma indépendant! Quand on lui demande si ce n'est pas trop lourd de tourner en vrai dans les rues des grandes villes (Londres, Paris, New York, etc...), Paul Greengrass répond que c'est le prix pour avoir une sensation de réalité à l'écran et que, par ailleurs, quand il a tourné à New York, il retrouvait le soir des scènes de son film déjà montées sur internet, You Tube, et ça lui donnait des idées de montage... Pour chacun des deux films tournés ensemble, Paul Greengrass et Matt Damon s'isolent ensemble au bout du monde pour trouver des idées.

Quand on demande à Matt Damon si il était aussi en forme que pour les deux Jason Bourne précédents, il répond que la grande différence, c'est qu'il venait d'avoir un enfant, une petite fille, et qu'il était plus pressé de rentrer chez lui que par le passé, qu'à la fin du tournage, une veste qu'il porte dans le film devenait de plus en plus difficile à fermer... Son physique de jeune premier est-il un handicap? Au contraire, ça donne des idées aux réalisateurs de l'engager à contre-emploi avec des pulsions sombres dans un physique très classique.

La question que tout le monde se pose tombe : il a débuté avec Gus Van Sant, va-t-il passer sa vie à tourner des grosses productions comme "The Bourne ultimatum" ou revenir au cinéma d'auteur? Réponse, son prochain film sera la biographie du premier homme politique gay aux USA qui fut assassiné, un film avec notamment Sean Penn comme partenaire (le rêve...)...

Matt Damon aime Deauville, c'est déjà sa troisième visite au festival, une pour chaque épisode de Jason Bourne, c'est relax d'autant qu'il ne vient pas pour un film en compétition...


la soirée du samedi

Ce soir, trop, c'est trop... d'un côté l'avant-première de "The Bourne ultimatum" à 19h45 au CID et de l'autre, le pied de grue à attendre à la même heure l'apparition de George Clooney arrivant ce soir, c'est l'effervescence chez ces dames, Clooney, c'est le chouchou absolu! Finalement, je choisirai la projection et je ne verrai pas Clooney. En revanche, la salle du CID est bondée, Matt Damon (costume beige mastic) et Paul Greengrass viennent présenter le film sur scène rapidement. La projection est ponctuée d'applaudissements, ça promet un beau départ pour le 12 septembre, date de sortie de "The Bourne ultimatum" ("La Vengeances dans la peau") en salles.

Vers 22h30, seconde avant-première présentée par Monica Belluci "Shoot'em up" de Michael Davis. On se pose la question : Monica Belluci est-elle réellement aussi populaire que les magazines qui se l'arrachent en couverture le prétendent? L'arrivée sur le tapis retransmise sur la télé de la salle a montré l'actrice italienne un peu lasse mais répondant aimablement aux questions des télés. Ensuite, la salle du CID n'étant qu'à moitié remplie, elle fut mollement applaudie par le public. Encore moins à son départ, bien qu'une foule de photographes presse se soit déplacée uniquement pour elle en bas de l'estrade, après avoir dit quelques mots comptés, elle n'est pas restée plus d'une minute poser pour les photos et s'est retirée avec un petit signe de la main, la somptueuse robe gris perle en soie rebrodée n'aura pas fait long feu...

"The Bourne ultimatum" ("La Vengeance dans la peau") de Paul Greengrass
sortie le 12 septembre


Quand Jason Bourne va enfin retrouver sa véritable identité... La critique du film bientôt sur le blog...

"Shoot'em up" ("Que la partie commence!") de Michael Davis
sortie le 19 septembre


Pitch : un homme sauvage et solitaire, as du tir groupé, prend la défense un soir d'une femme enceinte qu'on va rapidement assassiner et recueille ensuite le bébé qu'il va confier à une prostituée de ses relations interprétée par Monica Belluci. Il faut voir Clive Owen faire un bonnet de fortune au bébé avec une chaussette et le transporter dans un sac en papier kraft...

Le personnage de Mr Smith (Clive Owen), surgi de nulle part, posé sur un banc la nuit dans la rue, est un anti-héros qui vit dans un squatt crade, où il a appris à un rat à ouvrir sa porte, et ne possède qu'une chose : son don pour le tir et c'est pour entretenir sa vision qu'il grignote tout le temps des carottes... Mr Smith, hanté par un passé traumatique, a conservé une morale stricte sur ce qui se fait ou pas. Taciturne, quand Donna Quintano (Monica Bellucci), la prostituée en fourrure violette, lui demande si il aime quelque chose dans la vie, il répond, oui, qu'on lui fiche la paix! Mais possible qu'il l'aime aussi, elle...

Tiré d'un jeu vidéo, c'est film hyperspeed, stylisé à l'extrême, d'une violence intense mais caricaturée sur fond d'une sympa BO rock heavy metal. Le grand plus de ce film, c'est le rythme, l'absence de pose, l'humour et l'interprétation avec le duel Clive Owen, le justicier solitaire et Paul Giamatti le méchant tendance obsessionnel, ancien profiler du FBI. Un film sans prétentions avec quelques scènes trash, qui ne prétend pas être autre chose qu'un récit ludique, et, au final, un film très amusant à regarder, un bon moment et une bonne surprise.


le Festival pratique :

Demain dimanche 2 septembre : conférence de presse avec Monica Bellucci pour "Shoot'em up" à 12h30, conférence de presse avec Georges Clooney pour "Michael Clayton" à 14h45 et projection du film au CID le soir à 20h30 et au cinéma du Casino à 21h00. Notons aussi à 11h30 le prix Michel d'Ornano "La Vie d'artiste" qui sort en salles le 5 septembre et à 14h30 "Le Voyage de la peur" au cinéma le Morny dans le cadre de l'hommage à Ida Lupino.

Après Yasmina Reza au jury, Sigourney Weaver, qui devait recevoir un hommage du festival, a annulé sa venue.

 


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Ouverture du 33ième festival de Deauville et hommage à Michael Douglas + "King of California"

vendredi 31 aout 2007 J1



31 - 08
2007
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Michael Douglas signe des autographes aux journalistes après la conférence de presse (photo Vierasouto)


Michael Douglas pendant la conférence de presse (photo Vierasouto)


conférence de presse

Première conférence de presse du festival avec Michael Douglas arrivé l'après-midi : seul sur l'estrade avec la pétillante traductrice qui essaye de recadrer les questions, il ne semble pas pressé de défendre le film qui fera l'ouverture du festival le soir "King of California" et préfère parler de sa famille. Et surtout du conte de fée Deauvillais dont il a été victime il y a neuf ans : il venait présenter "Perfect murder" au festival et, comme il l'a dit lui-même, il a trouvé "the perfect wife", c'est à dire Catherine Zeta-Jones venue de son côté présenter "Zorro" à Deauville. Bilan : 7 ans de mariage et deux jeunes enfants, une nouvelle famille pour qui il fait désormais passer sa vie professionnelle au second plan. Car de son précédent mariage et de ses enfants dont un fils de 27 ans aujourd'hui, il confesse qu'il avait alors pour priorité, comme son propre père Kirk Douglas, sa carrière. Est-ce facile de se démarquer de l'ombre de ce géant? Un moment d'émotion passe dans la salle quand Michael Douglas parle de son père, nonagénaire, qui a entamé le troisième round de sa vie avec pas mal d'ennuis de santé et d'accidents mais dont il admire la dignité, l'acteur a alors les larmes aux yeux, une partie de la salle l'applaudit timidement. Mais il parle aussi de sa mère Diana, c'est elle, actrice moins connue que son père, qui lui a enseigné la joie de jouer, à 87 ans, elle monte encore sur les planches.

Sur "King of California", on grapille quelques infos, c'est un premier film, il l'a choisi à cause du scénario tellement original, méfiant tout de même quant aux capacités du réalisateur, il a fait avec lui une lecture du texte de trois jours pour le tester, savoir comment il imaginait tout le film et pas seulement son rôle. Film indépendant à petit budget, le tournage fut rapide, il a fait confiance. Le pitch : un père irresponsable voudrait que sa fille lui fasse enfin confiance, l'adulte, c'est elle... Il sort de deux ans d'internement et a trouvé sur internet le plan d'un trésor caché, il essaye de la convaincre de partir le chercher avec lui... L'écueil dans ce genre de rôle de composition, c'est d'en faire trop...

Au début de la conférence de presse, on a demandé à Michael Douglas ce qu'il pensait de son double statut d'acteur et producteur et la réponse a été assénée clairement : ce n'est pas agréable de faire les deux en même temps, l'acteur est "selfish" et le producteur doit tout embrasser sur le plateau, exemple des films qu'il a produit et où il avait le rôle principal comme "Le Syndrome chinois" ou "A la Poursuite du diamant vert". Et avec un humour flegmatique, il fait remarquer sur le plaisir de jouer qu'on en a autant en amont pour tourner un film qui va marcher ou pas!!!

Sur la télévision, Michael Douglas explique qu'aux USA les scénaristes de cinéma ont émigré à la télé pour des raisons financières et qu'il n'y a plus beaucoup de différence avec le cinéma en termes de qualité, d'ailleurs, il a débuté dans une série télé "Les Rues de san Francisco", c'est là qu'il a tout appris. Il ne serait pas contre un film télé mais pas une longue série. Ses projets au cinéma ont rétréci, beaucoup de fatigue pour monter ces projets mais il en reste 3 sur les 9 envisagés dont une comédie avec son épouse Catherine Zeta-Jones. Il y aura bien une suite à "Wall st" mais le scénario n'existe pas encore.

Ses films préférés sont ceux où il a pris des risques, c'est ce qui le motive dans le choix des films, parmi ceux qu'il a tournés, il cite "Chute libre", "Fatal attraction", "La Guerre des Rose", "Black rain" et "Wonderboys".


Festival pratique : obtenir une invitation, c'est possible mais pas pour tout le monde : en effet, vers 16 heures, on a distribué au point info du village US environ une centaine d'invitations aux détenteurs de Pass permanents pour le film d'ouverture, c'est ainsi que j'ai eu la mienne! Quand je suis arrivée à 16h15, la file d'attente était déjà longue et quand ce fut mon tour, il s'agissait des dernières invit! Donc, il faut arriver en avance, surtout demain samedi pour "The Bourne ultimatum" le soir.

Soirée d'ouverture

Pendant la soirée d'ouverture, Michael Douglas va répéter une partie de ce qu'il a dit en conférence de presse au mot près. Il y a 30 ans, son père a reçu un hommage au festival naissant de Deauville, à présent, c'est son tour. La cérémonie d'ouverture est bavarde avec le maire de Deauville, l'ambassadeur des USA et la longue intervention du directeur du festival pour l'hommage à Michael Douglas, une heure entière avant la projection du film. Bon moment de la soirée : un florilège des extraits de ses films qui donnent envie d'en revoir certains comme l'excellent "Chute libre". On note la présence très remarquée de Catherine Deneuve ultra-classe en imperméable de soie noire et petit sac Fendi lamé, hauts talons très fins noirs, au bras du futur président du jury André Téchiné qu'elle est venue soutenir, la compétition ne commence que lundi.

"King of California"

Charly, père barge irresponsable sort de deux ans d'internement dans un HP, sa fille, qui l'a toujours tenu à bout de bras, vient le chercher et les ennuis recommencent. Cet éternel looser, musicien de jazz raté, a eu le temps de trouver sur internet les plans d'un trésor caché il y a 300 ans. Espérant que sa fille va lui faire enfin confiance et qu'il ne la décevra pas, Charly la persuade de partir avec lui à la recherche du trésor. Fable sur les relations père et fille et la réconliation possible, le récit prend prétexte de cette histoire de trésor totalement farfelue pour opérer au rapprochement. On assiste à un Michael Douglas show en personnage de doux cinglé chevelu, hirsute, barbu, regard en billes de Loto et ridé comme une vieille pomme (pas du tout comme ça à la conférence de presse, au contraire, brushing dégradé blond cendré, lifting, hâle californien, etc...). Une musique décalée à fond la caisse réveille de temps en temps ce film plat où il ne se passe pas grand chose que d'attendre la scène suivante... Les personnages secondaires sont rares et une bonne partie du film met en scène le tête à tête père et fille avec une actrice talentueuse et charmante, heureusement... Pour le reste, possible que ça fasse rire certains spectateurs, c'est une question d'humour, pour ma part, j'ai trouvé le temps long...



Festival pratique et infos :

Yasmina Reza a annulé sa participation au jury, sera-t-elle remplacée?

Michael Douglas est venu seulement pour 24 heures sans sa femme dont il parle tout le temps.

Monica Bellucci, arrivée cet après-midi, a rapidement participé à une émission de France 2 en direct de la salle à manger de l'hôtel Royal. Elle présentera le film "Shoot'em up" samedi soir à 22h30 au CID.

La conférence de presse de Matt Damon, arrivé le premier jeudi soir, est prévue à 14h30 samedi et "The Bourne ultimatum" à 19h45 au CID et à 20h au cinéma du Casino.

2 documentaires top demain "Sicko" de Michael Moore au CID à 17 h et "Brando" au cinéma du Casino à 16h30.

 



 


 

 




 

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