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Ouverture du 34ième festival de Deauville, Abba et "Mamma mia"

J1, vendredi 5 septembre 2008



05 - 09
2008
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Le vent s'est levé en fin d'après-midi sur Deauville, chassant les nuages de pluie pendant quelques heures, le tapis rouge trempé, essoré depuis le matin, avait presque eu le temps de sécher et Carole Bouquet, la présidente du jury, arrivée très en retard, souriait en fourreau bleu marine et jaune en recoiffant ses cheveux face aux photographes, un moindre mal...  La diva sur place, la soirée d'ouverture pouvait enfin commencer au CID, quelques invités VIP de dernière minute ayant ouvert la marche, des actrices glamour telles Delphine Chanéac, cheveux très courts pour son nouveau rôle dans un film américain, Frédérique Bel en minirobe lamé et collants vert vif sur jambes interminables, des acteurs comme Vincent Perez et son épouse Karine Sylla, Jean-Paul Rouve, et aussi la Miss France de l'année et celle d'une autre promo, Sonia Roland.


l'équipe du film ce soir au CID, la réalisatrice  Phyllida Lloyd avec Björn et Benny du groupe Abba

Après un speech rapide du maire de la ville, l'ambassadeur américain ouvre le 34° festival. On accueille l'équipe féminine du film : la réalisatrice, la productrice, la scénariste et deux membres de feu le groupe Abba dont on comprend confusément que Abba est devenu une sorte de marque déposée que les deux compères gèrent comme "l'après-Abba", la pièce de théâtre "Mamma mia" au succès mondial dont est tirée le film en est le plus beau fleuron. Point d'acteurs et on le regrettera d'autant plus en sortant de la salle après avoir admiré le séduisant Pierce Brosnan dans le film...



(sortie du film en salles : 10 septembre 2008)
 
L'argument du film est à peu près le même que celui d'un film français de Francis Veber "Les Compères" avec Gérard Depardieu et Pierre Richard à qui Anny Duperey, mariée à un troisième homme, faisait croire à chacun qu'il était le père de son fils fugueur pour les pousser à partir tous à sa recherche et multiplier les chances de le retrouver. Ici, une jeune fille pure, voire angélique, Sophie (Sofia, la sagesse), sur le point de se marier, après lecture d'un vieux journal intime de sa mère Donna, invite à son mariage trois hommes, anciens amants de sa mère 20 ans auparavant, dont elle suppose que l'un d'eux est son père... Les trois compères, Sam, l'homme d'affaires (Pierce Brosnan), Harry le banquier (Colin Firth) et Bill l'aventurier, se pointent donc sur une île grecque paradisiaque où habitent Donna (Meryl Streep) et sa fille Sophie (Amanda Seyfried) qui tiennent un petit hôtel ayant besoin d'un coup de peinture et d'un coup de main. Pour aider Donna, Sophie et son fiancé ont décidé de faire un site web de l'hôtel et de rester sur place auprès d'elle.
 

photo Universal

On a la nette impression que le film est au service des chansons d'Abba et non pas l'inverse, que toutes les situations sont des prétextes à mettre en valeur telle ou telle chanson pour ne pas dire que le scénario entier est celui d'un gigantesque clip au casting de grand luxe (Meryl Streep, Pierce Brosnan) dédié au dieu Abba dont on entend les chansons quasiment non stop, ce qui est loin d'être désagréable, je m'empresse de le dire, c'est même la seule chose vraiment jouissive du film dont le vrai fonds de commerce n'est pas tant la comédie, fut-elle musicale, que la nostalgie d'une époque révolue, bénie, celle hippie dont on aperçoit les clichés jaunis, les cheveux longs, les tuniques indiennes, les fleurs dans les cheveux, se remettra-t-on jamais de ces années peace and love où tous les espoirs et les chimères étaient permis? Certaines scènes sont particulièrement entraînantes comme celle où Donna et ses deux anciennes choristes reforment éphémèrement leur groupe disco-kitsch "Les Dynamos", clone du groupe Abba, platform shoes, maquillage smoky et pantalons moulants en satin, et font leur numéro sur "Dancing queen" : c'est le tournant du film, qui de comédie musicale plutôt sage accepte de devenir délirante et la seconde partie du film dans une outrance assumée est nettement plus réussie. Dans le film, il a deux trios, Sophie et ses deux amies, Donna et ses deux choristes, chemin faisant, s'appuyant sur le pouvoir nostalgique immense des chansons d'Abba, le passé supplante le présent, le trio de Donna émerge, les vieux redeviennent les jeunes qu'ils n'ont pas pu ou voulu être, Donna, la vieille hippie anticonformiste va recommencer sa vie en réécrivant l'histoire des ses 20 ans, en prenant la place de sa fille...
 
Ce soir, le public a aimé le film, l'énergie de la nostalgie, où on parle d'amour et de désir à tout âge sur un tempo disco, semblait avoir insufflé des endorphines et des rêves à la salle sortie revigorée de la projection. Un des deux chanteurs d'Abba, gestionnaires du "fonds Abba" et auteurs de comédies musicales depuis la dissolution du groupe, a dit dans une interview que "Mamma mia" (30 millions de spectateurs dans le monde pour la comédie musicale au théâtre) allait le rendre encore plus riche qu'Abba... à l'époque de leur apogée, le groupe aux 400 millions d'albums vendus (depuis 34 ans pour seulement 8 années  de carrière, 1974/1982), gagnait l'équivalent de 1 million d'euros par jour...


Programme du samedi 6 septembre à Deauville, idées...

La présence de Ron Perlman pour présenter "Hellboy 2" ce samedi soir a été infirmée, le géant américain ne foulera pas les Planches au grand désespoir des organisateurs victimes d'une série d'annulations. Cependant, bonne nouvelle, Samuel L Jackson est arrivé à Deauville vendredi tard dans la soirée et a pris une collation sans chichis dans le hall de l'hôtel Royal où le personnel de l'hôtel a été impressionné par sa simplicité et sa gentillesse, on n'en doutait pas! Il faudra attendre pour en profiter demain dimanche soir 20h la présentation de "Lakeview terrace" ("Harcelés") de Neil Labute, voire, pour les curieux aux environs de 14h30 lors du photocall et de la conférence de presse.

Cet après-midi : reprise de "Mamma mia" à 15h au CID, documentaire "Lake of fire" à 18h 30 au cinéma du Casino ou film ""Married life" à la même heure  (18h) au CID. A 21h, projection sur invitation de "Hellboy 2" au CID. Pas de séances de seconde partie de soirée au CID cette année, malheureusement... sauf une seule vendredi prochain 12 septembre ("Sex and the USA" à 22h30 en projection unique, sans doute le film plus ou moins scandaleux du festival, comme il y en a un chaque année). Restent les Nuits américaines au cinéma Le Morny 24h/24h avec à 20h un grand film noir "Angel face" ("Un si doux visage"), d'Otto Preminger à ne pas manquer!


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